mardi 23 septembre 2014


Fairuz, chanteuse libanaise, une légende dans le monde arabe.


07h05 : Le réveil n’a pas sonné. Je regarde l’heure et me rends compte que je suis en retard. J’ai vite fait ma toilette et me suis habillée rapidement pour arriver à temps à mon rendez-vous chez le médecin dentiste à 07h30. Une femme sympathique, mais qui ne prends pas le temps d’écouter ses patients. L’argent est probablement plus important ou plus urgent. 

07h55 : Je rentre chez moi. Sur le chemin je repense à K. H., et je murmure secrètement une injure à son encontre et me dis après qu’il faut que j’apprenne à dépasser ça, à faire la paix, pour mon bien. Je l’ai déjà fait à notre séparation, mais ma haine à son encontre est réapparue. Quand je ne me sens pas bien, je le vois comme la cause de mes malheurs. Il est vrai qu’il a trompé des espoirs et une confiance mais faut-il le détester pour autant? 

08h et des miettes : J’arrive chez moi, prends mon café et me maquille. Je me mets du rouge à lèvre aujourd’hui. Je suis d’humeur à en mettre. Je trouve que ça me va, que je suis belle malgré un peu de poids à perdre. Je me regarde dans la glace et je décide de passer une bonne journée. Il y a un peu de soleil. Je me sens bien.

09h15 : J’arrive à mon bureau. J’ai envie d’écouter une chanson que je chantonnais sur le chemin : « Sabah w masa » de Fairuz. Je l’écoute, me tourne vers la grande vitre derrière mon bureau et laisse divaguer mes pensées en regardant la basilique St. A., les arbres, et la citadelle au loin. Le soleil me réchauffe le cœur et je repense à E. B. Lui que j’ai tant aimé … Je n’arrive pas à l’oublier et la vue de la basilique y est probablement pour quelque chose. Cela dit, je n’ai pas de regrets. E.B. est une de ces rencontres qu’on n’oublie pas. Ça m’a humainement enrichi.  J’ai aimé l’ennemi avec ses défauts et ses qualités, j'ai aimé son humanité …Je l’ai aimé ou cru l’aimé mais je ne conçois pas l’amour sans mariage et je ne veux pas épouser un chrétien.  Notre décision de ne pas s’aimer comme homme et femme a été prise depuis des années.  Je suis contente d’avoir choisi ma religion et mon dieu.

Des essaims d’oiseau interrompent cette pensée furtive à lui. Je les regarde passer. C’est beau, c’est magique. Sohana Allah … Quelle belle création de dieu. Je murmure une petite prière dont je ne me rappelle pas, mais probablement cela concernait un mari et des enfants bons et en bonne santé. J’espère, InchAllah, un jour rencontrer un homme qui remplirait ma vie de bonheur. Je sais que cet amour est en moi et je saurai le donner à la personne que je mérite et qui me mérite. 

09h30 : Je parcours mes mails. E. B. me passe le bonjour sur Skype. On discute un peu. Je lui dis dans quelle humeur je suis ce matin. Il ne m’a pas l’air de bien se sentir mais je ne lui pose pas la question. Je ne veux pas savoir. On parle de nos humeurs changeantes puis de tout et de rien. La discussion est assez froide.
C’est dû à notre dispute de l’avant-veille. Je trouve que son « racisme » avec les musulmans persiste (c’est une longue histoire) ; Ma volonté de me voiler a réenclenché le terrain miné qui nous sépare. Il m’avait dit qu’il ne me parlerait plus si je mets le foulard. Son avis m’importe peu et qu’il ne me parle plus m’importe peu. La décision est mienne et il n’a pas à dire quoique ce soit. Je lui ai lancé quelques répliques d’offense, quelque fois mal placés et je ne m’en excuserais pas.
Hier on a de nouveau signé un pacte de paix mais cela va-t-il durer ? 

Tout ça me fait penser à cette magnifique chanson : 





lundi 21 avril 2014



"Tout vient à point à qui sait attendre" … 
Et bien c’est faux !!

Cela fait longtemps que j’attends. J’attends d’être heureuse, j’attends de me marier, j’attends d’avoir des enfants, j’attends que les choses se passent, … Et j’attends encore et encore.

Je ne veux plus attendre ! Je suis fatiguée d’attendre ! A moi de rompre ce cycle de lassitude et d’attente infinie. 

Aujourd’hui j’agis !

mardi 10 décembre 2013

Gustave Courbet, Le désespéré.

Suis-je assez bien ? A force de m’encombrer la tête avec cette question, j’en suis arrivée à ne plus savoir qui je suis vraiment. Espérant toujours une métamorphose vers l'un des multiples alter-égo que j'envie, je me suis perdue.

Je ne sais pas si ce que je fais est de l’égo-centrisme ou au contraire du dénigrement de soi. Probablement les deux. Je crois bien que les frontières entre les deux sont plus fines qu'on ne le croit.

Novembre 2013

Les tourments d’une ressuscitée

Sculpture de Ilaria Simonetta

Me revoilà, trois ans après! Pourquoi maintenant? Pourquoi un retour à la case départ après tant d’années? Suis-je à la quête d’un nouveau départ? A la quête d’une nouvelle force pour me propulser? Suis-je nostalgique à une moi-même manifestement plus clairvoyante?

À l’époque, j’avais arrêté d'écrire subitement, de la même manière et pour la même raison qui m’avait amené auparavant à commencer : comprendre ces pensées et émotions infatigablement agitées qui aimaient tant s’emparer de moi. Cette effervescence m’avait toujours porté compagnie, sans jamais se lasser, me procurant indifféremment peines et joies. Et puis, je ne sais plus comment, ce fût l’éruption. J’ai commencé à accoucher de ces cogitations qui convulsaient depuis longtemps, sans voix, dans mon fort intérieur; j'ai commencé à donner voix à ce qui n'en avait pas…

Puis, ce fût le silence, plus rien ! Je sombre dans une longue et ennuyeuse trêve. Je me disais que mes déments s’étaient apaisés, que j’avais grandi, mûri (quelle aberration!), que j’avais appris à m’exprimer autrement qu’avec du papier et de l’encre, que j’étais devenue plus extravertie, que j’avais appris à me confier, ... Mais en réalité il n’en était rien. J’étais simplement emporté par le train-train quotidien. Mon esprit somnolait et se réveillait par moments, pour marquer, toujours solennellement, chaque étape franchie. Mes émotions et rêveries elles, étaient couramment censurées. J’étais forte et intelligente. Fléchir n’était pas permis.

J’ai comme l’impression d’atterrir d’un long voyage avec des valises poussiéreuses, un voyage éprouvant à errer entre les soucis futiles d’un quotidien plutôt fade. Bien de choses se sont passés depuis à un tel point que je ne me reconnais plus dans ces bribes de pensées. J'ai l'impression de lire les paroles d'une personne qui m'est complètement étrangère. J'ai l'impression d'avoir perdu la mémoire et d'essayer vainement de la retrouver. 

Novembre 2013

jeudi 13 mai 2010

Un sourire, un regard perdu, une vie.


La vie m’a peut être épargnée bien de choses, je n’ai pas la prétention de dire que j’ai vécu plus d’expériences que le commun des mortels et que ce que j’ai vécu sort de l’ordinaire et des sentiers battus du destin. J’ai mené jusqu’à présent, une vie tout à fait ordinaire et commune, une vie que certains pourront même qualifier, de terriblement quelconque.
Sauf qu'une vie, à mon humble avis, n’est jamais « quelconque ». Chacun est destiné à vivre une vie, différente des autres, certes, mais tout aussi remplie de rebondissements. Et des rebondissements, j’en ai connu pas mal et je ne doute point que j’en connaîtrai d’avantage. J’ai fais des rencontres, beaucoup de rencontres, qui parfois ne durent pas plus que quelques minutes, l’instant d’un regard échangé, d’un sourire ou encore d’une grimace. Des rencontres tout aussi impressionnantes les unes que les autres. Je n’ai pas rencontré des chefs d’états, des stars de cinéma, de célèbres peintres et auteurs. Mais j’ai rencontré l’homme de la rue, des enfants, des livrés pour compte, des gens qui rêvent de réussite, d’argent, des riches et des pauvres, de grands esprits qui rêvent à refaçonner le monde...
Et puis, j’ai photographié, sans appareil, des visages, des expressions, des regards qui resteront à jamais indélébiles de ma mémoire.
J’en ai appris des choses de la vie, et j’ai notamment appris à être coriace. Ce que je sais c’est que de mon vivant, je n’abandonnerai jamais et je ne laisserai jamais personne me décourager. Je vivrai ma vie, je mènerai ce combat avec rage et fureur. Je fléchirai peut être de temps en temps, mais fléchir est humain. Je saurai trouver ma vocation et réaliser ma personne, je le sais, et ce, en dépit de tous ces malheureux incidents de parcours aux quels je devrais faire face.

samedi 24 octobre 2009

mercredi 20 mai 2009

Le temps s'arrêta en 1939


Lisa Fonssagrives on the Eiffel Tower, Paris 1939. Photo by Erwin Blumenfeld

Comme chaque matin, elle ouvre les yeux à la caresse des premiers rayons de soleil qui se faufilent à travers la fenêtre de sa chambre. Comme chaque matin, elle se laisse submerger par cette douceur agréable effleurant son visage et réchauffant son âme. Comme chaque matin, elle se livre au même rituel et écoute avec somnolence les pas des premiers piétons matinaux sur les dalles de la ruelle d’en bas...

Et elle se livre à une espèce de nostalgie du bon vieux temps en regardant le plafond de sa vieille chambre. Elle pense à son premier amour. Comme elle était jeune, belle et inexpérimentée. Comme le temps passe vite.

5 Septembre 1939, le début de la délicieuse pénombre, elle n’oubliera jamais. La guerre était déclarée, elle l’aperçut pour la première fois. Paris s’endossait de ses belles parures de guerre. Leurs yeux se sont rencontrés pour la première fois à la paroisse Saint-Eustache.
11 Avril 1944, elle reçu une lettre, la dernière. 3 novembre 1945, elle su officiellement. La guerre l’avait endurci, elle ne pleurera pas sa mort (...)

Mai 2009